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Acquis
et perspectives de l’organisation de coopération régionale
La
Commission de l’océan Indien a 20 ans
A
l'occasion du vingtième anniversaire de la Commission de
l'Océan Indien (C.O.I.), son secrétaire général, Wilfrid
Bertile a rappelé les acquis et les perspectives de
l'organisation régionale. Il nous a paru intéressant de
relayer cette contribution dans la mesure où, d'une part,
la C.O.I. reconnaît aujourd'hui le rôle de la société
civile et particulièrement des associations/Ong, et d'autre
part, que la coopération régionale sert également le développement
local.
Du
18 au 21 décembre 1982, la Conférence de Port-Louis
(Maurice) jetait les bases de la Commission de l’Océan
Indien.
Précédée
d’une réunion des experts qui s’est tenue le 18 décembre,
la Conférence regroupait le lundi 20 décembre 1982 les
ministres des Affaires étrangères de Maurice (Jean-Claude
de Lestrac), de Madagascar (Christian Rémi Richard) et des
Seychelles.
Elle
avait pour but, selon le communiqué publié à l’issue
des travaux, “l’examen
et la mise en place des structures de la coopération au
niveau de la région Sud-Ouest de l’océan Indien”.
Un
accord général de coopération est adopté. Il n’a été
signé que le 10 janvier 1984 à Victoria, aux Seychelles.
La Commission de l’océan Indien entre aussi de plain-pied
dans l’année de son 20ème anniversaire.
En
vertu de l’article 13 de l’Accord de Victoria qui
stipule que la “Commission
examine toute demande d’adhésion faite par tout État ou
Entité de la région”,
les Comores et la France, au titre de La Réunion, adhèrent
à la C.O.I. le 11 janvier 1986.
Tels
que définis par la Conférence de Port-Louis et par l’Accord
général de coopération de Victoria, les domaines de coopération
de la C.O.I. sont les plus larges, et concernent aussi bien
la coopération diplomatique que la coopération économique
et commerciale; la coopération dans le domaine de
l’agriculture, de la pêche maritime et de la conservation
des ressources et des écosystèmes que la coopération dans
les domaines culturel, scientifique, technique, ou l’éducation
et en matière de justice.
Une
étape importante dans le renforcement de la COI est la
session ministérielle de Victoria, qui s’est tenue le 14
avril 1989. Elle adopte le Protocole additionnel qui complète
et adapte l’Accord de Victoria. Les institutions de la COI
sont consolidées: la réunion ministérielle devient
Conseil des ministres, les organes de liaison se
transforment en Comité des OPL (Officiers permanents de
liaison), responsables dans leurs pays respectifs de la coopération
régionale. Le Protocole additionnel crée aussi le poste et
les fonctions du secrétaire général, tandis que le
Conseil adopte le premier budget de fonctionnement de la COI
pour l’exercice 1989/1990. Le secrétaire général est élu
pour un mandat de 4 ans, non renouvelable. Le poste est
occupé pour la première fois par un Malgache, Henri
Rasolondraibe. Lui succéderont Jérémie Bonnelame, des
Seychelles, et Caabi Elyachtourou Mohamed, des Comores. Le
secrétaire général actuel de nationalité française est
en poste depuis juillet 2001.
En
20 ans, la COI a mis en œuvre de nombreux projets: développement
de la pêche au thon, promotion du tourisme régional, coopération
météorologique, protection de l’environnement,
intensification des échanges commerciaux, artisanat, éducation
à l’environnement, enseignement supérieur et recherche
(programme Université de l’océan Indien), culture
(Festival culturel tournant de l’océan Indien), lutte
contre les marées noires, protection civile, lutte contre
le SIDA.
Pour
réaliser ces programmes dont la liste ne prétend pas à
l’exhaustivité, la COI a pu compter, outre sur son
principal bailleur de fonds l’Union européenne, sur le
soutien financier de la France, de la Banque mondiale, du
Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE),
du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD).
La
Commission de l’océan Indien ne saurait cependant se
contenter d’une coopération fonctionnelle. La coopération
régionale doit être appropriée par les peuples et la COI
doit donner du sens à son action sous peine de voir son
“projet” disparaître sous les “projets”. En outre,
l’environnement international dans lequel s’inscrivent
ses activités a connu en 20 ans de profonds changements
comme la fin de la “guerre froide”, la mondialisation
libérale, les politiques d’ajustement structurel imposées
à différents États par la Banque mondiale et le Fonds monétaire
international, l’émergence de nouvelles organisations régionales
auxquelles appartiennent certains États membres de la COI.
Cinq
objectifs prioritaires
Ces
considérations amènent l’organisation à se
repositionner. Un “Livre blanc”, publié en 1998, trace
de nouvelles orientations stratégiques, adoptées par le
Conseil des ministres et le Sommet des chefs d’État et de
gouvernement de la COI qui se sont tenus à La Réunion en
1999 sous la présidence de Jacques Chirac. Cinq objectifs
prioritaires sont retenus: le renforcement du dialogue
politique et stratégique, la préparation de la région et
des acteurs économiques pour faire face aux défis de la
mondialisation, l’affirmation et la valorisation de
l’identité indiaocéanique, la représentation des intérêts
spécifiques des îles de l’Océan Indien auprès des
instances régionales et internationales, la participation
des populations et des opérateurs économiques et sociaux
aux actions de coopération régionale.
Ces orientations sont confortées par les évolutions récentes
que tente d’accompagner la COI. La mise en œuvre des
Accords de Cotonou dirige les relations de la COI avec l’Union
européenne. Elle met l’accent sur l’implication de la
société civile et des institutions infra-étatiques; elle
amène à programmer les crédits européens dans un cadre régional
élargi comprenant quatre organisations régionales dont la
COI et le COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et
australe); elle préconise la négociation d’Accords de
partenariat économique (APE) destinés à remplacer, à
partir de 2008, les dispositions commerciales favorables aux
pays ACP contenues dans les Conventions de Lomé.
Sommet
des chefs d’État et de gouvernement fin 2002/début 2003
La
COI met l’accent dans les relations avec l’Union européenne
sur les spécificités insulaires de ses pays membres, aidée
en cela par les dispositions du Traité d’Amsterdam
concernant le statut des régions ultrapériphériques, dont
La Réunion. La même promotion des intérêts des petites
économies insulaires et vulnérables oriente l’action de
la COI lors du Conseil des ministres de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) à Doha, où elle avait un statut
d’observateur, et au Sommet mondial du développement
durable de septembre dernier à Johannesburg.
Dans
ce domaine, la COI travaille en étroite relation avec les
autres organisations régionales insulaires, le CARICOM
(Caraïbes) et le Forum des îles du Pacifique, avec
l’appui du secrétariat du Commonwealth.
Le
20ème anniversaire de la COI est ainsi une bonne occasion
de faire le point sur les acquis et les perspectives de
l’organisation. De nouvelles orientations stratégiques en
cours d’élaboration apporteront les ajustements nécessaires
aux préconisations du “Livre blanc” de 1998. La tenue,
fin 2003-début 2004, d’un Sommet des chefs d’État et
de gouvernement des pays de la COI donnera, à n’en pas
douter, les impulsions nécessaires.
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