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Echo-Développement
La Lettre de liaison des agents de développement de l'Océan Indien

30 - Mai 2003

OCEAN INDIEN

Solidarité indianocéanique
La plate-forme régionale de l'Océan Indien renforce son action
Les représentants de la Croix Rouge et du Croissant des îles du Sud-Ouest de l'Océan Indien se sont réunis le vendredi 18 avril 2003 à Saint-Denis, en présence du Préfet, M. Gonthier Friederici. Ils ont fait le point sur l'action de la Plate-forme Régionale de l'Océan Indien (P.I.R.O.I.) mise en place en avril 2000 par ces mêmes représentants de Madagascar, de Maurice, de Mayotte, de La Réunion, des Seychelles et de l'Union des Comores. Une expérience jugée satisfaisante et pouvant, selon les propos de l'un des participants, être considérée comme un projet-pilote. Une nouvelle convention complétant celle d'avril 2000 a été signée.  La P.I.R.O.I., depuis sa création en avril 2000, est intervenue huit fois en urgence à l'occasion de cyclones, d'inondations, d'éruptions volcaniques, mais aussi lors d'une épidémie de choléra. Au total, près de trois cents personnes ont participé à ces actions, 22 tonnes de matériel ont été acheminées et 60.000 personnes ont bénéficié directement de ces actions. La P.I.R.O.I. s'est également investie dans la formation de personnes désignées par chacune des sociétés nationales afin de renforcer les capacités de ces sociétés face aux catastrophes naturelles et aux épidémies.


MADAGASCAR

Contre la pauvreté
Débats autour du document de stratégie pour la réduction de la pauvreté
 

Après avoir présidé une cérémonie d'investiture de députés dans la ville de Toamasina (Est), le 17 avril, le Premier ministre Jacques Sylla a participé à un atelier de travail sur la mise en œuvre du DSRP (Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté). Autorités locales et opérateurs économiques ont été conviés à ce débat qui a permis de recueillir les doléances des uns et des autres dans le contexte actuel de reprise économique. Avant cette rencontre de Toamasina, c'est le président de la République, trois jours auparavant, qui avait conduit des entrevues de ce genre dans la ville d'Antsirabe, la deuxième ville du pays. L'élaboration de la version finale du D.S.R.P. se poursuit ainsi. Ce document, bien qu'il ne prévoit que des programmes socio-économiques sur trois ans, vise, on le sait, à réduire de moitié la pauvreté à Madagascar d'ici dix ans. 

Famine dans le Sud
L'objectif est atteint pour le Téléthon

Contrairement à ce que certains pensent, l'objectif du Téléthon du 12 et 13 avril dernier pour porter secours aux gens du Sud, est atteint. A part la somme et les chèques totalisant 340 millions de FMG (1 euro = 6.900 FMG), les organisateurs ont également collecté des dons en nature dont 17 tonnes de riz, 1.600 bouteilles d'eau de l'entreprise agroalimentaire Tiko, etc.
L'objectif était de collecter 500 millions de FMG de dons en nature et en argent. Le ministère de la population, principal organisateur du Téléthon explique qu'avec les dons en nature, la collecte peut dépasser les 500 millions de FMG. Ils seront acheminés vers les 34 communes frappées par la famine ou "kere" dans le Sud du pays. Plusieurs comités dont un comité central s'occupent de la gestion de ces dons. Le samedi 12 avril, le Président de la République a donné l'exemple en versant en son nom personnel un chèque de 100 millions de FMG. Il  espère qu'il n'y aura plus de famine l'année prochaine. Le Sud est souvent frappé par ce fléau récurent suite à la sécheresse.
Après le Téléthon, la réception des dons en nature et en argent continue au ministère de la population Les donateurs peuvent aussi verser leur contribution au compte bancaire ouvert auprès de la BTM-BOA à Antaninarenina dans la capitale, compte, n° 05000/1560030008/(clé RIB 47)

Littérature 
Les citoyens peuvent-ils changer l'économie ? 

Commerce équitable, finance solidaire, investissement socialement responsable, consommation engagée : ces formes récentes dans l'économie ont pour ambition d'en changer les pratiques, dans le sens d'un développement plus respectueux de l'humain et de son environnement, de l'intérêt général, de la transparence, de la qualité... Au-delà de l'enthousiasme qui en résulte chez les promoteurs de cette économie nouvelle, et des jugements sévères qu'ils ne se privent pas d'adresser à l'économie conventionnelle, y-a-t-il une place pour un débat équilibré et responsable sur les performances des formes économiques "différentes", et les conditions de leur changement d'échelle ? 
La réponse est positive, si les uns (acteurs de l'économie dominante) et les autres (tenants de l'économie solidaire et alternative) respectent leurs différences et acceptent - pourquoi pas dans un esprit de réciprocité ! - de confronter leurs points de vue et analyses. Ce dossier nous offre un débat d'une grande nouveauté et d'une grande qualité. Pour la première fois en France, des professionnels et militants de l'économie citoyenne échangent avec des économistes qui n'étaient pas forcément acquis à leurs thèses.
Collectif "engagements citoyens dans l'économie". Actes du colloque tenu à Paris le 14 mars 2002 

Editions Charles Léopold Mayer 
38, rue Saint-Sabin 
75011 France 
Tél 33 (0)1 48 06 48 86 
Fax : 33 (0)1 48 06 94 86 
Email : diffusion@fph.fr   


LA REUNION

Développement local 
“Développement urbain raisonné : de l'île de La Réunion à l'Océan Indien”

Les Dialogues pour le Progrès de l'Humanité (D.P.H.) dont fait partie le Centre de Ressources Ville et Hauts, sont une sorte de confédération de réseaux et d'initiatives associés, qui implique l'acceptation par chaque membre d'utiliser une discipline de travail commune permettant d'interconnecter les mémoires associatives. Le réseau est actuellement présent dans une trentaine de pays  et ses membres (associations/Ong, secteur public et parapublic, centres de recherche, cabinets de consultants, bureaux d'études....) sont engagés dans différents domaines : habitat, agriculture, urbanisme, construction de la paix, analyse des filières de la drogue, production de droit, communication populaire, lutte contre l'exclusion, environnement, innovation technique,  création d'entreprises, éducation, relations interculturelles....). Son bulletin vient de publier une fiche sur “Développement urbain raisonné : de l'île de La Réunion à l'Océan Indien” que nous publions ci-dessous.

Ancienne colonie française et Département d'Outre-Mer depuis 1946, l'île de la Réunion connaît un accroissement démographique rapide depuis les années 1960. Exode rural, extension de quartiers insalubres, amplification du chômage, destruction des paysages ont conduit l'Etat et les élus locaux, dans les années 70, à mettre en place des politiques de développement économique et social. Mais malgré ces interventions, l'habitat continue à se dévelop­per de façon anarchique  il devient bientôt évident qu'il faut penser l'aménagement du territoire de façon globale et non cloisonnée.
A partir de 1994, des sessions de formation et des échanges entre acteurs des "Hauts" (zone de montagne) et des "Bas" (zone littorale) sont favorisés grâce aux crédits publics. Pour renforcer cette stratégie, un centre documentaire sur la ville et l'aménagement du territoire est créé en 1995, puis en 1998 est lancée la revue AKOZ, "les cahiers réunionnais des acteurs du développement", pour capitaliser les réflexions de ces acteurs. Les idées et les analyses foisonnent mais ne parvien­nent pas à déboucher sur un projet de développement cohérent.

Le réseau Dph

Le réseau Dph intervient à partir de cette époque. Son objectif sera de faciliter cette réflexion collective et de mettre en cohérence les approches nouvellement inventées à travers une meilleure formulation et une meilleure circulation des expériences locales. C'est en 1998 qu'un premier contact est établi entre la FPH et La Réunion. Au sein de la Délégation interministérielle et régionale de la Ville (DIV), Catherine Foret anime un programme de formation à l'échan­ge d'expériences destiné à des chefs de projets et des agents du déve­loppement local. Ces derniers se' réunissent tous les trois ans pour capitaliser leurs expériences mais, malgré une volonté d'agir en com­mun, l'absence d'une méthodologie se lait ressentir.
En mai 1991, la DIV organise les "Rencontres Ville Réunion", conférence au cours de laquelle Pierre Calame, directeur de la FPH intervient sur le thème des échelles de la gouvernance, l'articulation du local et du global. En octobre 1998, une première session de forma­tion de 5 jours, animée par Vladimir Ugarte et Dasa Radovic de la FPH, permet aux acteurs de faire connaissance avec la méthode Dph : définition des objectifs, sélection d'expériences en fonction des objec­tifs, entretiens croisés, rédaction de fiches, déduction des idées force, analyse, réécriture des fiches, identification des thèmes, etc. Le noyau constitué est composé d'une vingtaine de représentants d'associations d'éducation populaire mais aussi d'institutions publiques. Cette ses­sion conduit également les participants à réfléchir à la constitution d'un réseau local d'échanges d'expériences en fonction des grands défis à relever dans les domaines du développement urbain et rural. Sur le plan technique, le logiciel Dph est installé au Centre de Ressources politiques de la ville/Aménagement des Hauts et 5 personnes sont for­mées pendant deux jours à l'utilisation de ce logiciel.

Autour de l'Indianocéanité 

A partir de 1999, le groupe informel constitué décide d'avancer dans cette stratégie en dehors de tout soutien ou financement officiel. Poursuivre la mise au point des fiches élaborées pendant la formation d'oc­tobre 98, en produire de nouvelles, parvenir à créer une banque locale des expériences de développement et préciser peu à peu les conditions de fonctionnement et de structuration d'un réseau sont les objectifs qu'il se fixe. Ces agents de développement se réunissent tous les 2 mois, avec l'accord tacite de leur institution, mais sans protocole d'accord écrit. L'envoi des invitations et des comptes-rendus est assuré à tour de rôle par chacun, sur des sites à chaque fois différents. Afin d'élargir progressivement le réseau d'acteurs impliqués dans la démarche, une deuxième session de formation est organisée en mai 1999 par deux membres du groupe initial. Elle permet de former 10 personnes supplémentaires.
Mais produire "un projet réunionnais de développement" est un objectif très ambitieux pour des bénévoles. Malgré cela, le groupe réussit à porter le projet jusqu'aux institutions, afin que la qualification mutuel­le soit reconnue au même titre que des formations plus classiques. L'organisme de formation IRTS (Institut Régional de formation des Travailleurs Sociaux) sollicite des financements publics pour produire une cinquantaine de fiches.
Le réseau local se structure et passe donc à la deuxième étape : relier ses expériences avec celles des autres îles de l'Océan Indien. L'atelier Grand Ilet, organisé en novembre 1999 par la FPH, la Fondation de France et la Fondation communautaire de l'Océan Indien, élargit le réseau aux acteurs des îles voisines. Cet atelier rassemble 35 agents de développement autour du concept d'"indianocéanité" : les outils et les méthodes Dph permettent d'élaborer un projet commun dans une perspective de renforcement de la coopération Sud-Sud.

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Commentaire 

 Plus que des institutions, ce sont d'abord des individus qui s'impliquent bénévolement dans Dph. Pour les Réunionnais, deux principes ont régi la conception de ce réseau d'une part, un réseau n'existe que quand il y a activité de ses membres; d'autre part, un réseau n'a pas de centre affiché mais des ressources et des compétences en partage. Ces deux principes ont pour corollaire le besoin d'une visibilité totale des règles du jeu pour l'ensemble.
Deux pratiques de Dph se sont développées avec le temps : un ensemble d'activités endogènes comprenant l'auto-formation, l'auto-évaluation, la capitalisation, et d'autres, plus "exogènes, impliquant la mutualisation et la construction d'échanges entre praticiens.
Cependant, d'après l'évaluation d'Emmanuel Soufflin, "le réseau donne l'impression d'être tiraillé entre plusieurs thématiques et objectifs : faire des fiches, faire du réseau, travailler à l'échelle indianocéanique, répondre aux enjeux locaux, dépasser l'engagement institutionnel..." C'est pour cela que dans les années à venir, le réseau souhaite expérimenter l'efficaci­té de l'action Dph autour des questions plus précisément sociales et écono­miques  travail et économie sociale, lien social, action et insertion socia­le, etc.

La lettre de Dialogues pour le Progrès de l 'Humanité 
Dph-info@webdph.net

Ceno@webdph.net
www.webdph.net


MAURICE

Mauritius Council of Social Services
Hommage aux 56 centenaires de l'île

"Un visage, un sourire, une vie… Cent ans ". Tel est le titre d'un ouvrage publié par le Mauritius Council of Social Services (MACOSS) sur les 56 centenaires que compte le pays à ce jour. A travers cette publication, le MACOSS a tenu à rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont contribué au développement de Maurice. Cette publication met en avant les témoignages de ces descendants directs de travailleurs engagés, ou encore d'esclaves ou de colons qui ont vécu les temps forts de l'histoire de Maurice et du monde, à l'exemple des deux guerres mondiales.



Ce bulletin édité par la Fédération Communautaire de l’Océan Indien (F.C.O.I.) et Le centre de ressources Ville et Hauts est celui du développement local, de la coopération régionale associative et du développement durable.

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Le bulletin de Liaison des acteurs du développement
de l’Océan Indien “ Echo-Développement ”


Directeurs de la publication :

Françoise Wong-Pin, Directrice du Centre de Ressources
Paul Hoarau, Président de la F.C.O.I.

Ce bulletin de liaison est diffusé via courrier électronique

Comité de Rédaction :

Réunion : Paul Hoarau, Françoise Wong-Pin
Maurice : Ram Nookadee
Comores : Sitti Tafridja Sambaouma
Mayotte : Saïd Omar Oili
Seychelles : Mira Savy
Rodrigues : Ruy Karl Allas
Madagascar : Jean-Michel Razafindramanana


Si vous souhaitez en être destinataire, veuillez  contacter :
Agence Presse Océan Indien - E-mail  : matera@guetali.fr

Cette publication a été réalisée grâce à la participation du Fonds Social Européen.

 

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